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Collecte de Vivres Annuelle : quand les frigos se vident, la solidarité devient essentielle
Mars 2026
Ces dernières semaines, un slogan s’est imposé dans le débat public : frigo vide.
Derrière la campagne “#FrigoVide”, largement relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux, il n’y a pas un simple effet de langage, mais une réalité bien concrète pour de nombreuses personnes en Belgique : celle de devoir composer avec un frigo qui ne se remplit plus jusqu’à la fin du mois.
Les chiffres le confirment. En 2025, 16,5 % de la population belge — soit près de 1,9 million de personnes — étaient à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, selon les données de Statbel (enquête EU-SILC). Parmi elles, 10,9 % vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire, et 4,9 % faisaient face à une privation matérielle et sociale sévère, c’est-à-dire une incapacité à couvrir plusieurs dépenses essentielles.
Aux Restos du Cœur, cette précarité se traduit chaque jour par une fréquentation soutenue. En 2025, plus de 1,5 million de repas et de colis ont été distribués dans nos 21 Restos du Cœur. Les profils sont variés — familles monoparentales, seniors, étudiants, travailleurs pauvres — mais la réalité est souvent la même : pour beaucoup, l’aide alimentaire n’est plus ponctuelle. Elle devient un soutien régulier pour tenir et ce bien souvent malgré un emploi.
Or, au moment même où la demande reste élevée, les moyens consacrés à l’aide alimentaire diminuent.
Une aide alimentaire fragilisée
Plusieurs mesures désormais en vigueur affectent directement la capacité des associations à répondre aux besoins sur le terrain.
D’une part, le budget fédéral consacré aux denrées alimentaires a été fortement réduit, passant de 27 à 15 millions d’euros, soit une baisse de 44 %. Concrètement, cela signifie moins de produits disponibles pour compléter les stocks et faire face à une demande qui reste élevée.
D’autre part, les produits d’hygiène et autres biens non alimentaires ont été totalement exclus du dispositif. Les associations doivent donc soit les financer elles-mêmes, soit renoncer à les distribuer, alors même que ces produits sont essentiels à la dignité des personnes accompagnées.
Enfin, les réformes des articles 60 modifient les conditions de mise à l’emploi via les CPAS, réduisant les possibilités d’insertion socioprofessionnelle et fragilisant l’organisation quotidienne des équipes sur le terrain.
Au final, les besoins augmentent tandis que les moyens se contractent. Et cette tension se répercute directement sur les stocks et sur la capacité à répondre durablement à l’urgence.
Les 6 et 7 mars : une réponse concrète
C’est dans ce contexte que se déroule la Collecte de Vivres Annuelle des Restos du Cœur, les 6 et 7 mars.
Cette collecte n’est pas symbolique : elle est structurante. Les produits récoltés permettent de reconstituer des réserves indispensables pour les mois à venir et d’assurer la continuité de l’aide alimentaire dans nos Restos du Cœur, partout en Belgique.
Chaque geste compte
Un paquet de pâtes, une conserve, du riz, de l’huile, des produits pour bébés ou d’hygiène : autant de produits essentiels qui permettent de compléter les colis et d’éviter que les frigos ne se vident complètement.
Les 6 et 7 mars, chacun peut agir.
Parce que derrière chaque produit déposé, il y a un frigo un peu moins vide — et une personne qui pourra souffler, ne serait-ce qu’un instant.
La liste des Restos du Cœur participants et des lieux de collecte est disponible ici.
Et si vous ne pouvez pas vous rendre en magasin, vous pouvez également participer à la collecte en ligne jusqu’au 31 mars. Les dons financiers nous permettront d’acheter des produits pour compléter la collecte de terrain.