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La précarité s’installe, et elle s’aggrave en silence
Octobre 2025
17 octobre 2025 – Journée mondiale du refus de la misère
La pauvreté n’est pas derrière nous. Elle est là, toujours présente.
Et parfois, plus invisible que jamais.
Alors que les besoins ne diminuent pas, que la demande reste à un niveau élevé, la Fédération des Restos du Cœur de Belgique s’inquiète d’une autre tendance : la banalisation de la précarité. Une forme d’habituation qui, à force de durer, pourrait rendre l’urgence invisible.
Une double actualité : précarité et alimentation
La Journée mondiale de l’alimentation, célébrée le 16 octobre, précède de peu celle de la lutte contre la précarité, et ce n’est pas un hasard.
L’alimentation est l’un des besoins humains les plus fondamentaux. Pourtant, en Belgique, y accéder reste un combat quotidien pour des milliers de personnes.
L’aide alimentaire n’est pas un luxe, ni un supplément. Elle est devenue un filet de sécurité essentiel, là où les revenus ne suffisent plus à couvrir les dépenses de base.
Et c’est précisément cela que la journée du 17 octobre vient rappeler.
Une demande toujours très élevée
En 2024, les Restos du Cœur de Belgique ont distribué 1.631.189 repas et colis alimentaires. Les chiffres 2025, à ce stade de l’année, sont stables. Mais cela ne signifie pas que la situation s’améliore.
Au contraire. Plusieurs Restos du Cœur ont déjà constaté une fréquentation anormalement haute cet été, période pourtant habituellement plus calme. Et comme chaque année, le dernier trimestre s’annonce particulièrement tendu.
Quand l’urgence devient une routine
Depuis plusieurs années, la pauvreté s’installe dans le quotidien de milliers de familles, d’étudiants, de travailleurs, de personnes âgées.
Elle devient une condition de vie permanente.
Une normalité.
Cette constance dans la précarité inquiète. Non seulement parce qu’elle fragilise durablement les parcours de vie, mais aussi parce qu’elle n’indigne plus autant qu’avant.
Or, la précarité n’est pas normale.
Elle n’est pas acceptable.
Elle ne doit pas être ignorée.
Des ressources qui s’amenuisent, une pression qui monte
Alors que les demandes d’aide restent élevées, les ressources, elles, deviennent plus fragiles. Moins de dons, moins d’invendus, des collectes plus incertaines : sur le terrain, les équipes constatent une pression croissante pour maintenir les colis, semaine après semaine.
Et dans ce contexte tendu, chaque imprévu — une hausse soudaine de fréquentation, un stock manquant, une facture plus lourde — peut fragiliser tout l’équilibre.
Les équipes des Restos du Cœur doivent faire plus, avec moins.
Et cela a un coût : humain, logistique, mais aussi symbolique.
Car répondre à la précarité avec des moyens insuffisants, c’est devoir faire des choix, parfois impossibles, là où il ne devrait y avoir que des évidences. Pour certains Restos du Cœur, cela signifie aussi vivre avec l’angoisse d’une éventuelle fermeture, faute de ressources suffisantes pour continuer leur mission.
Ne pas détourner le regard
La Journée mondiale du refus de la misère est là pour rappeler que derrière les chiffres, il y a des réalités humaines.
Celles de personnes qui font face, qui tiennent, mais qui ne s’en sortent plus seules.
Nous ne devons pas nous habituer à cela.
Nous ne devons pas détourner les yeux.
Merci
Face à cette précarité qui s’installe et aux moyens qui s’amenuisent, la mobilisation de chacun reste essentielle.
Informer, relayer, sensibiliser : ce sont des gestes simples, mais puissants.
Et pour celles et ceux qui le souhaitent, un soutien concret à notre action peut faire toute la différence.
Chaque don, chaque partage, chaque mot transmis autour de soi permet de maintenir ce lien de solidarité dont tant de personnes ont besoin.
Merci à toutes celles et ceux qui, jour après jour, choisissent de ne pas détourner le regard.